
L'homosexualité dans l'Histoire
Si l'homosexualité est acceptée depuis peu de temps, elle ne date pourtant pas d'hier ! Dès la préhistoire, il semble que les hommes connaissent des relations du même sexe en marge de l'accouplement avec une femme ou avant une union.
Pendant la période de l'antiquité, les amours entre garçons sont fréquentes et permises.
En Egypte, les pharaons possédaient un harem de beaux jeunes hommes.
Au Japon, les samouraïs entretenaient des relations homosexuelles.
Les Grecs anciens, qui se mariaient pour des raisons politiques et religieuses, copulaient surtout avec une femme pour procréer. En marge de cette tâche "domestique", ils considéraient que l'amour et le plaisir sexuel étaient des affaires d’hommes.
Les Romains avaient également l'habitude de courtiser les garçons. Simple passage ou véritable choix, l'homosexualité (et la bisexualité) étaient normales et acceptées.
L'arrivée du christianisme coïncida avec celle de l'interdiction des relations homosexuelles.
Au Moyen-Age
L'amour courtois des chevaliers envers les dames n'empêchaient pas les relations amoureuses entre preux guerriers... L'homosexualité aurait même connu entre le XIe et le XIIe siècle un développement comparable à celui qu'on connaît aujourd'hui. En effet, les milieux monastique et chevaleresque (les chevaliers vivant souvent loin des dames) constituent des terrains propices aux relations entre hommes. Le clergé, conscient de ces pratiques, donne des consignes pour éviter ces comportements mais n'indique aucune sanction. Lors de la réforme grégorienne qui impose le célibat aux prêtres, les prêtres homosexuels sont plus ardents que les hétérosexuels à le faire respecter.
Vers la même époque, la poésie hispano-arabe comporte de nombreux poèmes érotiques célébrant les rapports homosexuels. D'ailleurs, l'amitié masculine est l'un des thèmes favoris des œuvres épiques et romanesques entre le XIe et le XIIIe siècle. Il semblerait même que l'amour masculin médiéval constitue une forme originale d'amour véritable que le monde actuel ne connaît plus. Les rites d'amitié, tels que se donner des baisers, partager le même lit, permettent à cet amour de s'exprimer librement lorsqu'il est charnel.
Mais la peste fait des ravages et décime les populations. Prônant le repeuplement des pays touchés, la religion affirme sa désapprobation de l'homosexualité. Les homos sont assimilés aux hérétiques (contraires à la foi). Menaces, lois et inquisition sont les armes de l'Église et de la royauté pour combattre les relations de même sexe. Si cette pression dissipe beaucoup l'homosexualité, des unions interdites continuent d'exister. De grands dirigeants, eux-mêmes, ont connus des amours entre hommes, comme l'empereur Justinien, le roi Edouard II et même le légendaire Richard Cœur de Lion !
Avec la Renaissance, certains grands rois commencent à vivre ouvertement leur homosexualité. Pour le reste de la population, la chasse à la sodomie persiste. Tortures, persécutions et condamnations sont fréquentes pour qui s'adonne à ces plaisirs, aussi bien chez les paysans que dans la bourgeoisie. Toutefois, les classes les plus élevées semblent autorisées à plus de légèreté, d'autant que l'homosexualité devenait fréquente dans les châteaux.
Le siècle des Lumières relâcha la pression et permit la montée d'une certaine tolérance. Pendant ce temps, en Orient, les mœurs ayant peu évolué dans ce domaine, l'homosexualité faisait toujours partie de la vie.
Plus récemment
Au XIXème siècle, la répression subsiste mais l'homosexualité persiste. Ces relations "contre nature" se propageant dans toutes les classes sociales (ouvrières, artistiques, militaire, bourgeoise...), l'homosexualité devient tabou.
En France, avec le code Napoléon, l’homosexualité est décriminalisée en 1804. En 1861, l'Angleterre supprime la peine de mort pour sodomie, et remplace la sentence par des peines de travaux forcés.
Au début du XXe siècle, l'homosexualité profite d'une certaine ouverture idéologique. Les années 20 sont même les années folles de l'homosexualité : les œuvres littéraires abondent sur le sujet, les moeurs s'allègent et la société devient plus tolérante.
Cette progression est freinée par la crise économique de 1929. Des idéologies plus radicales se développent dans les années 30, de nouvelles lois sont adoptées, et les persécutions reprennent. La montée du fascisme et surtout du nazisme provoque un rejet plus radical que jamais.
Dans les années soixante, l'homosexualité est toujours considérée comme une maladie.
Les émeutes de Stonewall, en 1969, sonnent le début du mouvement de libération gay.
Les lois s'assouplissent à travers le monde : plus de peine de mort, plus de castration.
En 1973, l’American Psychiatric Association exclut l’homosexualité de la liste des psychopathologies.
En 1982, la France dépénalise l'homosexualité. Pendant ce temps, le Danemark et la Suède créent le contrat de partenariat, une sorte de mariage homosexuel.
En 1994, à New York, la Gay Pride internationale réunit plus d’un million de participants, qui célèbrent les émeutes de Stonewall.
Cette manifestation fait des émules dans les grandes villes d’Europe et des États-Unis.
En 1996, le Canada et l’Afrique du Sud protègent constitutionnellement les homosexuels contre la discrimination homophobe.
En 1999, la France adopte la loi sur le PACS (pacte civil de solidarité). Près de 20.000 contrats sont enregistrés en l'espace de 6 mois...
