Mais peut-on dire pour
autant que l’homosexualité est contre-nature
?
Si l’on comprend
"nature " au sens de cycle de la Nature, à
savoir la reproduction, il est indéniable qu’être
homosexuel est contre-Nature.
Si l'on comprends "nature " au sens de nature
humaine, l’homosexualité ne serait contre-nature
que si elle va à l’encontre de la nature
même de l'Homme.
Ces deux natures sont-elles différentes ? Pas si
l'on considère que l'Homme est lui-même le
fruit de la Nature et qu'il doit se plier à ses
règles. Mais le fait-il ? Et s'il y a un écart
entre loi de la Nature et loi humaine, ne serait-il pas
absurde de reprocher à une classe d’individus
d’être contre-Nature si l’humanité
toute entière ne respecte plus cette loi ?
L’homme est sans
aucun doute une créature de la Nature, c'est à
dire qu’il est le fruit de l’évolution
des espèces.
Pourtant, si l’origine « naturelle »
de l’homme est incontestable, ce dernier devrait
être soumis aux lois strictes de la Nature.
Ces lois ne sont pas juridiques, mais scientifiques et
ne doivent être (théoriquement) enfreintes
par aucun être la peuplant, afin d'assurer l'équilibre
et le fonctionnement su système.
Or, d'une part, l'Homme a créé ses propres
règles, indépendamment de la Nature.
D'autre part, il enfreint fréquemment les lois
de la Nature, en ayant des rapports sexuels en dehors
des périodes de reproduction (première infraction)
et qui ne visent, dans la quasi-totalité des cas,
aucunement la reproduction (deuxième infraction).
Pourquoi l’espèce humaine transgresse t’elle
les lois de la nature ?
Si l'on compare l'Homme
à un autre animal, on remarque que l’animal
est soumis entièrement à son instinct.
L’homme, lui, semble pouvoir contrôler son
instinct, en refusant de lui obéir, ainsi qu'à
toute autre règle.
L’animal obéit aveuglément parce qu’il
n'a pas la conscience d'être ce qu'il est, au contraire
de l’Homme.
L’homme pense et il sait qu’il pense, il analyse
ce qu’il fait et vit, il a conscience de ses désirs.
Les désirs ont donc une place privilégiée
dans la vie de l’homme : il désire, il sait
qu’il désire, et cette connaissance lui permet
de chercher un moyen d’obtenir la satisfaction de
ce désir.
De par sa conscience, l'Homme
est en mesure de transgresser les lois que l’on
veut lui imposer. La recherche de la satisfaction de ses
désirs le pousse à enfreindre ces lois.
Contrairement à l'animal, l’homme n’est
donc plus soumis aux lois de la Nature, mais à
ses désirs. La nature de l’homme est donc
de chercher la satisfaction de ses désirs, tant
que son sens moral ou sa raison ne l’en dissuade
pas.
Si un homme trouve la satisfaction de ses désirs
dans la relation avec un autre homme, il serait donc contraire
à la nature de l’homme de ne pas chercher
à assouvir ce désir.
Reste à savoir si l’homosexualité
est immorale ou non...
Si l’on considère
qu’un fait est moral s’il est conforme au
bien, et que ce qui est bien est ce qui est fondamentalement
désirable sans considération d’une
utilité éventuelle, on s’aperçoit
qu’alors qu’homosexualité et hétérosexualité
sont égales, devant la morale. En effet, si l'on
retire toute utilité à l’hétérosexualité
(à savoir la reproduction) et toute considération
religieuse, elle se trouve à égalité
avec l'homosexualité, en terme de recherche d'assouvissement
du désir.
L’homosexualité
ne peut donc être jugée contraire à
la nature même de l’homme que si on la considère
comme immorale, car l’homme de par sa nature tend
vers la satisfaction de ses désirs. Cependant,
rendre immorale l’homosexualité, c’est
par là même rendre immorale toute autre sexualité.
Il est alors évident que l’homosexualité
n’est pas plus contre-nature que l’hétérosexualité...
d'après un texte
de monchoix.net