Les conceptions essentialistes font remonter
l’origine de l'homosexualité à la
naissance. Tests sur les hormones, études des chromosomes,
comparaison de la morphologie des organes génitaux...
Toutes ces pistes n'ont pas donné beaucoup de résultats.
Aujourd'hui, la plupart des scientifiques rejette toutes
les explications fondées sur la physiologie, la
génétique, le système hormonal ou
glandulaire.
Une autre théorie se focalise alors sur la construction
de la personne, un vécu qui engloberait des circonstances
à la fois sociétales, familiales et individuelles.
On parle notamment de "pression" du milieu social
sur le destin de l’orientation sexuelle, comme une
homophobie flagrante au sein de la famille. La psychanalyse
a aussi affirmé que l’homosexualité
serait plus fréquente chez un adulte qui, enfant,
aurait été confronté à un
père absent et à une mère surprotectrice.
Il semblerait en effet qu'une mauvaise relation avec le
père ne comble pas les besoins psychologiques d'amour,
de valeur et d'affirmation dont a besoin un jeune garçon.
Afin de remplir ce vide, il peut alors se tourner vers
d'autres hommes pour se sentir accepté.
La puberté rend ces besoins émotionnels
érotiques, ajoutant une dimension sexuelle.
Toutefois, durant l'adolescence, on ressent facilement
une attirance pour quelqu'un du même sexe. On parle
alors d'homophilie. A ce moment charnière de transformation
et de recherche de soi, ses amis du même sexe sont
des miroirs et provoquent facilement des émois.
Ce n'est pas forcément définitif.
Car si la société présuppose que
tout le monde est hétérosexuel, le psychanalyste
Sigmund Freud pensait plutôt que la bisexualité
est latente chez tout être humain et que "la
libido oscille normalement pendant toute la vie entre
l’objet masculin et féminin". Tout est
donc une question d'orientation...
Cette orientation sexuelle et affective trouverait son
origine dans les interrelations et interactions entre
l'enfant, les adultes, son milieu, l'histoire familiale,
les mythes familiaux, les fantasmes, les projections,
les identifications...
L’homosexualité serait donc le produit d’un
processus qui cumule des facteurs socioculturels, familiaux,
individuels, psychologiques… tout comme l’hétérosexualité.