Témoignages de coming-out

> Le coming out, contrairement à ce qu'on imagine, ce n'est pas "un mauvais moment à passer", ce n'est pas "quelques minutes d'un monologue crispé" qui vont changer la vie. Ces instants-là existent toujours mais ils ne sont que le début. Ils permettent d'ouvrir la porte aux autres vers notre vie.

> Comme beaucoup de jeunes ados de l'époque (je suis né en 1968), j'ai vécu une adolescence dans le respect des valeurs qui étaient inculquées par la loi de l'éducation parentale. Malheureusement j'ai perdu mon père (que j'adorais) il y a 4 ans et j'ai mal de savoir que c'est grâce à sa disparition que ma vie a commencé. J'ai avoué huit jours après les funérailles, la seule chose à avouer : j'ai révélé à ma maman que j'étais gay, j'avais alors 34 ans... Dès mon plus jeune âge, j'avais ce lourd secret à partager. Ma maman a été formidable, elle m'a redonné espoir et m'a rassuré, elle est ma plus précieuse confidente aujourd'hui et ma famillle entière m'a accepté tel que je suis et les valeurs familiales n'ont pas changé.
Message aux jeunes qui me liront : soyez courageux et avouez tout de suite si vous pouvez le faire, car vous avez le droit de vivre votre vie et surtout votre jeunesse. La mienne a été gâchée car j'ai trop longtemps hésité à me dévoiler. Aujourd'hui, je suis heureux...

> Et bah oui, je l'ai fait, mais pas auprès de ma famille : 17 ans, c'est peut-être un peu tôt... Je tiens à garder un toit sur ma tête ! Car être dans une famille, loin d'être fondamentaliste ou conservatrice, mais simplement bretonne, ne facilite rien... Toujours est-il qu'auprès de mes amis, c'est fait. Certes, cela peut sembler prématuré à mon âge, mais mon coeur (et mes hormones, autant ne pas mentir...) m'ont naturellement poussé vers les hommes... Tant mieux. Ça n'a pas été cérémonieux, ni même taillé dans de la dentelle : de but en blanc, la nouvelle fut annoncée. Pas à tous d'un coup, non, mais au cas par cas, chacun son tour a finit par le savoir, et en fait ce n'est pas si catastrophique ! Ils l'ont tous bien pris. Faut dire que je ne suis pas le seul. Mais bon. En fait, si un de vos amis réagit mal à cela, c'est qu'il n'en vaut pas la peine. S'il ne vous accepte pas comme vous êtes, et bien ce n'est rien d'autre qu'un abruti. Mais ne faites pas votre coming-out n'importe comment. Il faut, d'une part, que cela s'insère dans une conversation... Assez facile, car en réalité, à mon âge, le sujet de discussion favori, c'est quand même le sport de chambre... Mais surtout, il faut en être arrivé au point où on se rend compte que l'attraction ne sera pas qu'hormonale, mais qu'elle pourra aussi se fonder sur l'amour...

> Comme beaucoup de monde, j'ai découvert que j'étais gay à l'adolescence, vers la 5ème, mais je me suis décidé à attendre ma 3ème pour l'avouer. Plus le temps passait, plus je me sentais mal de ne rien dire et de le garder pour moi. C'est ainsi que je fis une sorte de dépression, ce dont ma mère se rendit vite compte, c'est pourquoi un après-midi, un mercredi de février, elle a voulu qu'on discute et j'ai de suite compris que c'était le moment. Je lui ai avoué et alors que je m'attendais à ce qu'elle réagisse très mal, elle m'a pris dans ses bras, on a pleuré tous les deux et elle m'a dit : "tu sais, quoi qu'il arrive dans la vie, quoi que tu fasses, je t'aimerai toujours, tu es mon fils et ça ne changera jamais". Depuis, j'ai réussi à le dire à mon père (qui a bien réagis aussi, même s'il a un peu peur, ne connaissant pas ce milieu) et à mes deux meilleurs amis (qui ont très bien réagis et qui étaient même ravis que je leur en ai parlé). Il ne reste plus que mon frère, à qui je n'ose pas le dire, vu qu'il est homophobe sur les bords... Mais j'y arriverai.

> Moi j'ai reconnu mon homosexualité depuis l'âge de 13 ans, je le savais mais psychologiquement je ne m'en inquiétais pas. Puis les années passent. Mes parents ont un couple d'amies lesbiennes et depuis que je les connais, je ressentais le besoin de leur en parler. Au bout de 3 ans, je leur ai expliqué et aujourd'hui je le vis très bien, même si maintenant il faut l'annoncer aux parents. Ça devrait bien se passer mais difficile de trouver le moment propice !

> Je me suis rendu compte assez tôt que j'étais bi (vers 12-13 ans) mais je considérais cela comme trop tôt pour savoir. Je me suis dit : "oh t'inquiète, ça passera...". Aujourd'hui, j'ai 17 ans et ça n'est toujours pas passé...
J'ai commencé à avouer il y a quelques mois à un ami alors qu'il dormait chez moi, mais je ne lui ai pas tout dit. Je lui ai juste dit qu'un mec avait pratiqué une fellation sur mon sexe, que j'étais complètement bourré et que je regrettais. Ce qui était faux : en réalité, j'avais fait tous les actes. Je me suis attaqué à un autre de mes amis : je lui ai dis la même chose, puis j'ai commencé à aller plus loin en démentant petit à petit, j'ai tout révélé en trois fois car j'avais peur de ce qu'il pensait - un jour, il m'avait dit : oh je suis tombé sur un site gay, j'ai tout de suite fermé, c'est trop dégueulasse... - et donc ça a retardé ma confidence, pour la simple raison que je tenais à lui. Et Retournement total de la situation : il a été génial, m'a apporté beaucoup de soutien et m'a révélé que lui aussi, une fois, avait pensé à cette pratique et qu'un jour il aimerait bien tester, mais avec un ami...
Il me reste un ami à qui avouer mais je n'ose pas : il m'a déclaré il y a peu (alors que je préparais le sujet) qu'il pensait être homophobe... Mais je compte tout de même lui dire, maintenant que je me suis accepté...

> Je n'assumais pas mon homosexualité, ou plutôt dirais-je ma bisexualité. Je suis rentré en fac et là, un homme magnifique a croisé ma route, lui aussi en première année de fac, on se regardait sans jamais se parler, sans se connaître, jusqu'au jour où un email puis un long dialogue sur msn nous a fait savoir que nous étions réciproquement attirés. Puis nous nous sommes mis "en couple". Un jour, mon père est tombé sur mes emails. J'ai donc tout avoué mais il n'a pas accepté, toujours pas d'ailleurs... Je dois donc vivre mon couple dans le secret, voir mon copain en prétextant autre chose. Ma mère semble plus encline à me comprendre mais toujours est-il qu'il faudra que j'attende d'avoir mon indépendance pour vivre pleinement mon amour ! Le pire, c'est qu'on en parle même plus, comme si je n'avais jamais rien dit ! Pour moi, le coming-out n'a servi à rien, ça a été pire!

> Je ne sais pas encore si je suis homosexuel ou bisexuel, je suis juste amoureux d'un homme. Je l'ai dit à plusieurs de mes ami(e)s et à mon frère. Pour lui, ça a été très long : au départ je lui ai dit que j'étais amoureux, puis il m'a demandé de qui, je lui ai dit son prénom et il croyait que c'était une fille ! C'est qu'à la fin de la discussion que je lui ai dit que c'était un mec. Mais j'ai beaucoup de mal à parler de ça avec lui... Je sais pas pourquoi. Pour mes ami(e)s, ça a été simple, pour certains ils l'ont deviné, pour d'autres j'ai du le dire, ils l'ont tous bien pris, j'ai même beaucoup d'amis Gay et Lesbiennes. Ma mère attendra que je sois plus vieux ! Un conseil pour les gens qui lisent et qui n'ont toujours pas parlé avec leur proches : assumez, gardez la tête haute et si vous avez des commentaires pas très gentils, vous leur lancez un p'tit "et ta soeur" !...


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